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Féminicide : définition et signaux d’alerte

Le Féminicide, quand la violence conjugale devient mortelle

Edima avait 29 ans. Elle vivait à Douala, et venait d’annoncer à son conjoint son intention de le quitter. Quelques semaines plus tard, elle était tuée à son domicile.

Grace, elle, avait 34 ans. Enseignante au Kenya, elle recevait des menaces répétées de son ex-compagnon depuis leur séparation. Personne, autour d’elle, n’a pris ces menaces suffisamment au sérieux.

Deux femmes, deux pays différents. Pourtant, un seul mot relie leurs histoires : le féminicide.

Le Féminicide : Un mot qui nomme l’impensable

Le féminicide, selon la définition d’UN Women, désigne un meurtre intentionnel motivé par le genre de la victime. Autrement dit, ces femmes ne sont pas tuées par hasard : elles sont tuées, en partie ou en totalité, parce qu’elles sont des femmes.

C’est ce qui distingue, en effet, le féminicide d’un homicide ordinaire. Dans la majorité des cas recensés dans le monde, l’auteur est un partenaire, un ex-partenaire, ou un membre de la famille.

D’ailleurs, selon les derniers chiffres mondiaux, environ 83 000 femmes et filles ont été tuées intentionnellement en 2024, et 60% d’entre elles l’ont été par un partenaire ou un proche. Cela représente, en moyenne, une femme tuée toutes les dix minutes, quelque part dans le monde.

Les signaux du féminicide qui ne trompent pas

Le féminicide n’est presque jamais un acte isolé. Il s’inscrit, au contraire, dans un continuum de violences qui, souvent, commence bien avant le drame :

  • Des menaces répétées, même vagues ou minimisées par l’entourage.
  • Un contrôle croissant sur les déplacements, les fréquentations ou les finances de la victime.
  • Une escalade après une séparation, période reconnue comme particulièrement à risque.
  • La présence d’une arme au domicile, ou l’accès facilité à un objet dangereux.
  • Des tentatives d’étranglement, même sans marque visible, un signal d’alerte majeur trop souvent sous-estimé.

Reconnaître ces signaux, ainsi, peut littéralement sauver des vies.

Féminicide : définition et signaux d'alerte-Lafricaine

Un phénomène enraciné dans des rapports de pouvoir

Le féminicide ne surgit pas de nulle part. Il prend racine, en effet, dans des dynamiques de contrôle bien plus anciennes et, en apparence, bien plus anodines.

Nous évoquions déjà ce mécanisme dans notre entrée sur le paternalisme : cette manière de décider à la place d’une femme, sous couvert de bienveillance. Or, ce même réflexe de contrôle, poussé à l’extrême et nourri par un sentiment de possession, peut dégénérer en violence, puis en drame irréversible.

Autrement dit, le paternalisme et le féminicide ne sont pas deux réalités séparées. Ils se situent, plutôt, aux deux extrémités d’un même continuum de contrôle exercé sur les femmes.

Reconnaître le féminicide pour mieux protéger

Le féminicide n’est pas une fatalité. Il se prévient, à condition de le reconnaître à temps, et d’agir en conséquence.

Alors, si vous reconnaissez l’un de ces signaux chez une proche, ou si vous vous reconnaissez vous-même dans cette description, n’hésitez pas à en parler : à une amie de confiance, à une association locale de défense des droits des femmes, ou aux autorités compétentes de votre pays.

En résumé, nommer pour combattre

Le féminicide reste, en définitive, la forme la plus extrême de la violence faite aux femmes. Nommer ce mot, le comprendre, et reconnaître ses signaux avant-coureurs, c’est déjà commencer à s’en protéger, ensemble.

Pélagie BLEWUSSI

Note : si vous êtes concernée par une situation de violence conjugale, ou si vous reconnaissez l’un des signaux évoqués dans cet article chez une proche, n’hésitez pas à vous rapprocher d’une association locale de défense des droits des femmes ou des autorités compétentes de votre pays.

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